• Chine,  Mongolie

    Tchou tchou !

    Rendez-vous a été donné à 6h avec Agui pour qu’il nous conduise à la gare, je retrouve maman et JM en bas de l’hôtel. La préparation a été un peu compliquée, l’hôtel a subi une panne de courant à 5h et il n’est toujours pas revenu quand nous partons… Pas évident de préparer ses valises à la lumière d’une lampe de poche.

    Agui nous explique où attendre le train et nous quitte, deuxième départ difficile, lui et Chingiss formaient une super équipe, on aurait pas pu rêver mieux. Bien qu’il ne parle pas un mot de français, il nous a beaucoup fait rire avec ses mimes.

    Le train arrive et nous embarquons. Nous craignions que le confort soit inexistant, mais la cabine est de taille raisonnable et les couchettes sont suffisamment molles pour y être bien. Nous ne tardons pas à nous installer.

    Un hollandais nous rejoint pour combler la place vaquante de notre cabine. Très discret, il passera la majeure partie du voyage sur sa couchette en hauteur, venant seulement discuter avec nous de temps en temps. Il va rejoindre ses parents en Chine et suivre le même parcours que nous (Pékin, Pingyao, Xi’an).

    Je dors quelques heures. Premier arrêt vers midi, nous descendons fumer et nous dégourdir les jambes. Nous avons des prises pour brancher les ordinateurs, le temps passe plutôt vite, je commence les retouches photo.

    Nous allons ensuite déjeuner au restaurant du train, à la déco très russe et kitch. Retour à notre cabine avant la prochaine pause, la dernière avant la frontière mongole, où nous ne pourrons pas sortir du train pendant plus d’une heure d’arrêt.

    Le stop suivant est le plus effrayant : la frontière chinoise. 5h d’attente dans une zone d’accueil le temps de changer les essieux et vérifier les passeports, visas et sacs. C’est un peu la pagaille, nous devons prendre les valises, les laisser, les reprendre, pour finir par les laisser dans notre cabine. L’attente est longue mais vivable. Nous sortons parfois fumer sous haute surveillance. De retour dans le train, nous nous préparons à dormir, il est déjà 1h30.

    Je me réveille vers 10h devant un paysage qui a bien changé. Nous avons quitté le désert de Gobi et nous approchons de la capitale chinoise. On aperçoit des montagnes entièrement recouvertes de panneaux solaires, c’est impressionnant.

    Encore un peu de patience et à 14h35 pile (coucou la SNCF), nous débarquons à Pékin. Nous trouvons sans mal notre guide, Georges, et notre chauffeur. Ceux-ci nous conduisent d’abord à l’hôtel de maman et JM, puis au mien. Georges me montre ensuite le trajet pour les rejoindre à pied.

    Nous partons en direction du lac où nous buvons un verre dans un bar qui ne propose que du thé. Le mien est glacé et contient des morceaux de mangue, c’est délicieux. Au moment de payer, nous nous heurtons au premier obstacle chinois : ils n’acceptent que les cartes bancaires chinoises ou WeChat. Nous réussissons finalement à régler en espèces, de toute façon c’est ça ou rien.

    En nous promenant, nous voyons des pékinois se baigner dans le lac et d’autres y pêcher. J’ai emmené mon maillot de bain mais je me passerai de piquer une tête, le fond de l’eau ne donne pas très envie.

    Nous prenons notre premier repas chinois (très bon) dans un resto entre nos hôtels puis nous allons dormir, bien fatigués.

  • Mongolie

    Retour à Oulan Bator

    Avis de tempête cette nuit ! Le vent a soufflé très fort jusqu’à 1h du matin. Il faisait tellement de bruit que j’avais l’impression que la porte de la yourte s’était ouverte. Ça nous a donné une petite idée de ce à quoi les hivers pouvaient ressembler, même si les nomades se déplacent vers des endroits plus abrités du vent.

    C’est déjà l’heure des adieux. Je n’arrive pas à contenir quelques sanglots tant cette expérience a été parfaite. Les paysages, la gentillesse et la modestie des mongols, ce sentiment de liberté qu’on a quand on marche sur les vastes étendues des steppes… Je voudrais déjà revenir.

    La route pour rentrer à Oulan Bator est longue. Nous arrivons vers 17h en subissant les bouchons à l’entrée de la ville. Sans périphérique ni métro, forcément, la circulation est difficile.

    Agui a fait un petit arrêt pour acheter du lait de jument sur un camp. Il en a pris 2 bidons… Nous y avons regoûté dans la yourte et c’est définitif, ça ne passe pas !

    Arrivés à l’hôtel nous disons au revoir/adieu à Chingiss, qui nous a tant fait rire par sa désinvolture. Dur dur…

    Nous profitons de cette dernière soirée pour nous rendre au magasin d’état, maman veut acheter du cachemire. On en trouve sans difficulté à des prix qui dégomment toute concurrence. Nous essayons ensuite de nous rendre au Hard Rock Café en suivant le plan de JM, et on se rend vite compte que ça va être compliqué. On demande à un passant de nous indiquer la route, il a la gentillesse de nous y escorter. Je dis bien gentillesse car en réalité nous étions à environ 20 minutes de marche à pied de la bonne adresse ! Je craque pour un tshirt et un pull, puis nous mangeons sur place. Frites et burger, ça requinque après la vie nomade.

    Rentrée à l’hôtel, je décide de faire une nuit blanche pour mieux dormir dans le train.

  • Mongolie

    Randonnée vers Tuvkhun

    Hier soir nous avons rencontré un couple de français sympa au camp. Ils sont là depuis 12 jours et sont allés au fin fond du désert de Gobi. Ils ne le recommandent pas vraiment, ça fait énormément de route et le paysage est très monotone.

    La nuit a été difficile pour moi cette fois-ci. Souvent réveillée, j’avais soit trop froid, soit trop chaud. À 8h, c’est un peu la cata, JM a très mal au dos, il n’arrive pas à se redresser. On attend de voir si ça passe, et ça ne s’améliore pas. La prudence passe avant tout, il ne se rendra pas au monastère.

    Avant de partir, un de nos hôtes sort un yack et nous propose de monter dessus. On tente l’expérience, et je dois bien reconnaître qu’un yack c’est plutôt moelleux.

    Nous nous rendons ensuite vers le monastère. Après un peu de route en voiture, il faut marcher environ 1h30 pour accéder au sommet, à 2500 m de hauteur. Maman fait le trajet à cheval avec Agui, je pars à pieds avec Chingiss. Au bout de 20 minutes, j’ai déjà le souffle court et la nausée, ça m’apprendra à sauter le petit-déjeuner. Je finis quand même par m’en sortir.

    Arrivés en haut, nous découvrons de tous petits temples nichés dans les rochers. La vue sur la forêt de mélèzes qui couvre la montagne est magnifique. On a l’impression d’être sur le toit du monde.

    Nous pouvons continuer de monter en escaladant un peu. Maman ne le sent pas, je continue donc l’ascension seule avec notre guide. Un minuscule temple se cache tout au sommet. Il y a également une zone d’offrande réservée aux hommes, ainsi que 2 arbres sacrés.

    Dans les rochers, il y a un trou dans lequel on peut se glisser, faire un tour et ressortir, pour symboliser une renaissance. Vu mes tendances claustrophobes, je m’épargne une crise d’angoisse en décidant de ne pas le faire.

    En allant rendre les chevaux, nous croisons un nomade qui parle anglais. Il regarde ma vapote en me demandant à quoi ça sert, je lui explique et lui propose d’essayer. Il n’a pas l’air d’apprécier du tout…

    Nous rentrons au camp où JM nous attend bien sagement. Nos hôtes ont pris grand soin de lui pendant notre absence, il va un peu mieux. On va se poser un peu à l’écart du camp et on reste longtemps auprès de chevaux semi sauvages qui font leur vie sans trop se soucier de nous.

  • Mongolie

    Arrivée dans la Vallée d’Orkhon

    Le réveil a été beaucoup moins matinal aujourd’hui, nous avons très bien dormi. Nous sortons de la yourte vers 8h pour prendre le petit déjeuner : du thé et des gâteaux qui ressemblent à des beignets mais qui sont très durs.

    Nous ne tardons pas à nous mettre en route pour la vallée d’Orkhon. Le trajet pour s’y rendre se constitue principalement de terre battue. Etant tout à l’arrière du véhicule, je suis un peu bousculée dans tous les sens.

    Nous arrivons sur notre nouveau camp un peu avant midi. Nous allons y passer 2 nuits. C’est la yourte la plus confortable que nous ayons eue jusque là. Les matelas sont (presque) moelleux et nous avons des oreillers. Nous avons aussi des toilettes où on peut S’ASSEOIR !

    Notre hôte nous sert un bon déjeuner, des pâtes mongoles accompagnées de légumes (poivrons et carottes). Nous prenons ensuite le temps de nous installer un peu avant de partir en promenade pour voir la Chute d’Orkhon.

    Nous descendons une pente abrupte pour arriver en bas de la cascade de 24 mètres. Pas de bol pour les photographes, elle est à contre-jour. Le paysage alentours est différent de ceux qu’on a vu précédemment mais toujours aussi sublime.

    Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans une petite épicerie pour acheter de la bière (JM) et du Coca (moi !). Agui et Chingiss font une pause pour remplir des bidons d’eau dans une rivière, ce sera utile à la famille.

    Au menu ce soir : bouillon avec des légumes. Pour une fois, nous arrivons à finir notre assiette (ou plutôt notre bol). Il faut dire que les mongols ne lésinent pas sur les quantités. Pour la première fois, nous avons un dessert. Nous apprenons ensuite qu’il s’agissait d’un yaourt à base de lait de yack. Ce n’est pas mauvais.

  • Mongolie

    En route pour Kharkhorin

    Réveil très matinal dans notre yourte, il est 6h et le soleil se lève. La nuit a été rude pour maman et JM mais ça a été pour moi. La famille commence déjà à s’activer : chez les nomades il y a toujours quelque chose à faire.

    Les enfants se réveillent eux aussi et ils sont en forme. La petite fille joue au ballon avec nous et se fait courser par son frère, il semble inépuisable. Ils rentrent dans notre yourte pour voir ce qui s’y passe, hier ils nous ont vues enlever nos lentilles, ça a dû les surprendre.

    Je sors le Polaroïd pour les photographier et ça semble beaucoup leur plaire. Ils en réclament une autre et se jettent dessus quand elle sort de l’appareil. Le petit garçon a l’air déçu de voir qu’elle est blanche, sa soeur lui explique qu’il faut attendre un peu.

    Nous ne pouvons pas nous attarder plus longtemps, le programme de la journée est chargé. Nous nous mettons en route pour Kharkhorin, l’ancienne capitale. Nous en visitons le musée, qui regroupe des trouvailles faites dans la cité, rasée depuis longtemps.

    Nous partons ensuite pour le monastère Erdenezuu, immense ensemble de temples fortifié au beau milieu du désert. Seule une partie du monastère est encore fréquentée par les moines, le reste se présente un peu comme un musée en beaucoup plus coloré.

    Il est temps de rejoindre la famille chez qui nous allons dormir ce soir, un couple de personnes âgées. Nous nous mettons dans une tenue traditionnelle prêtée par notre hôte en arrivant, puis Chingiss nous apprend à couper du bois. Je me fais une ampoule au pouce en 5 minutes chrono.

    Nous partons pour une petit balade près de la rivière qui sillonne la vallée. Les chevaux qui étaient en train de se reposer près de l’eau rentrent dans leur « pré ». On voit des chiens de prairie courir un peu partout.

    Chingiss nous propose ensuite d’assister à la descente du foin, c’est la saison. Nous le suivons près des enclos qui abriteront les bêtes cet hiver. Les hommes se mettent au travail avec une efficacité remarquable. Je décide ensuite de monter sur la colline en face de nous pour avoir une belle vue sur notre campement. Maman me suit. Ces quelques minutes d’effort en valent la peine, la vue est effectivement sublime.

  • Mongolie

    Dans le petit Gobi (Khogno Khan)

    Nous sommes partis ce matin d’Oulan Bator pour un long trajet vers Khogno Khan. 280 km d’une route désertique, parfois peu praticable.

    Notre nouveau guide a grandi chez ses grands-parents nomades et semble avoir un goût prononcé pour la liberté. Il déclare que la Mongolie est le pays où l’on peut le plus facilement faire ce qu’on veut, ce que je trouve vrai à première vue.

    Sur la route, nous voyons régulièrement des villages. Ils regroupent le plus souvent une mairie, une école et quelques commerces ainsi qu’une station service. La plupart des villages abritent environ 3000 habitants, qui vivent un peu à l’écart de la route.

    À midi, nous goûtons pour la première fois au thé au lait salé. Ce n’est pas mauvais mais pas très bon non plus.

    Nous arrivons sur un petit campement de 4 yourtes qui possède des chameaux et des chevaux. Le couple qui habite ici a 5 enfants, mais nous en verrons surtout 2… Le confort est sommaire, des lits sans vrai matelas, et des toilettes qui se présentent sous la forme de deux planches au-dessus d’un trou. Pas grave, on est pas venus ici pour avoir le même style de vie que chez nous.

    La famille ne parle pas un mot d’anglais mais une des petites filles est très souriante et semble ravie à chaque fois qu’on la prend en photo. C’est la première à jouer avec les bulles apportées par maman.

    À 17h, nous partons pour une petit balade à dos de chameau dans le désert. Le silence est si présent qu’on entend les oiseaux voler au-dessus de nos têtes, des milans. Selon notre guide, ils se préparent à migrer.

    L’enfance des nomades est, littéralement, à des milliers de kilomètres de la nôtre. Dès que nous rentrons de la promenade, ils jouent avec les chameaux en les montant et les dirigeant avec une facilité étonnante.

  • Mongolie

    À la découverte d’Oulan Bator

    Un réveil bien matinal en ce vendredi pour récupérer nos billets de train. C’est chose faite, nous avons l’esprit tranquille.

    Nous avons ensuite attendu notre guide, qui est arrivé à 11h, Bagui. Adorable et elle parle très bien français après avoir vécu plusieurs années à Lyon et à Paris.

    Nous commençons par nous rendre au monastère de Gandan. La route qui y mène est en piteux état mais l’intérieur du monastère est somptueux (nous n’avons malheureusement pas le droit de prendre de photos à l’intérieur des temples). Le monastère regroupe une vingtaine de temples et 600 moines. La Mongolie est principalement bouddhiste même si l’ethnie kazakh est quant à elle musulmane.

    Bagui nous a fait visiter 2 temples. Le premier était rempli de moines qui chantaient sous un décor coloré magnifique. Les offrandes étaient données dans des sacs siglés « I love New-York », paradoxe quand tu nous tiens… Le second était occupé par une immense statue de Bouddha (26,5 m), c’était assez impressionnant.

    Nous nous sommes ensuite rendus au musée d’histoire de Mongolie où j’ai appris des tas de choses sur le pays. J’ignorais (presque) tout ce qui s’était passé durant les siècles derniers sur ce territoire coincé entre deux géants : la Russie et la Chine.

    On finit la visite par un spectacle de danse et musique traditionnel. Un peu dubitatifs, on a été étonnés d’apprécier autant ce moment. Les danses mongoles sont un superbe spectacles et les tenues traditionnelles sont d’une grande beauté.

    Bagui nous quitte à l’hôtel, demain nous aurons un autre guide pour nous accompagner dans les steppes. Nous en profitons pour nous poser un peu, la journée a été fatigante et nous ne nous sommes pas encore tout à fait remis de l’avion. Nous ressortons juste prendre quelques photos sur la grande place et manger avant de plonger dans un sommeil bien mérité.

  • Mongolie

    Le très (très très) long voyage

    Il est 2h du matin à Oulan Bator, 20h en France et nous avons pris le taxi hier à 16h30. Autant dire que ce trajet fût long, mais bizarrement, pas aussi insupportable que ce que j’avais anticipé.

    Le vol Paris > Pékin est passé vite malgré la difficulté à trouver le sommeil pendant plus d’une heure d’affilée. Je me suis réveillée à 3h du matin heure française et le soleil passait sous le cache du hublot, drôle de sensation, une grande première pour moi. Au petit matin nous avons survolé le désert de Gobi, c’était magnifique.

    L’aéroport de Pékin nous a bien occupé pendant nos 6h de transit. On a eu du mal à expliquer notre situation par rapport aux visas, du fait que nous y retournerons dans une semaine et que nous n’avions besoin que d’un visa de 24h pour récupérer nos bagages cette fois-ci. On a fini par s’en sortir après moultes discussions sino-franco-anglophones.

    On a pu voir quelques trucs insolites en magasin, comme des cous et des coeurs de canards en sachets à côté de sucreries. On en verra sûrement beaucoup d’autres en revenant. J’ai aussi mangé un bouillon de légumes au KFC, chose relativement improbable.